Et aussi longue soient les journées
Comme emprisonné dans les feux de l'enfer
Les années défilent puis s'effilent
Mes quatorze ans bien encrés
Ne seront bientôt plus que du passé
A mes souvenirs oubliés
Je ne me rappel plus qu'à peine
Des premiers baisés déposés
Les premiers chagrins d'amour
Mon premier pour toujours
Je me suis perdu au milieu du monde
Jeune et intrépides nous pensions avoir le control
Mais maintenant posé face aux êtres fais de chaire et de sang
Je me demande de quel pouvoir nous pensions disposer
Je veux
Me rappeler
Ne plus oublier
Ce qui a fait qu'aujourd'hui
Je suis
Pour savoir
Ce qui fera que demain
Je saurais
Quel seront les jours prochains
Pour ne plus voir ma vie
Comme des épisodes décisifs
Ceux d'une longue série
D'un enfant sous la pluie
Dans la nuit
Marchant sans bruit
Craignant les vagues
N'aillant jamais vu la mer
Comme un point sans repaire
Le manque d'une âme sincère
Puis les larmes comme du poison
Nous poussent en grandissant
A oublier nos passions
Toutes les raisons
Qui font de ce que l'on est
Une enveloppe vide
Les années passent
Les pluies deviennent acides
Et quant bien même la lumière apparaît
Nos visages brûlent
Et nos envies se dessèchent
On se réfugie dans nos rêves les plus profonds
Puis-ce qu'un jour
Ces derniers
Seront un entier
Une mort douce
Pour ouvrir la porte
Des rêves éternels
Cette porte donnant sur des nouveaux paysages
Conjuguant couleur et ardeur
Un monde nappé de fleurs
Plus de fin
Juste les doux parfums
Les cercles pain
De nos mains
Plus de calcul à la seconde
Mais comme tout le monde
On entre dans une ronde
Et déforme la Joconde
Et on acène les ondes
Pour oublier
Qui l'on est
Et pour ne plus pensé à ce que l'on serait
S'il n'y avait pas tant qui nous retenait








